BULLETIN PAROISSIAL

D'ESTAIRES (Nord)

N° 1 et 2 - Juillet et Août 1918

VOIX DE L'EXIL

Ce Bulletin paroissial, on nous l'affirme, est vivement désiré par un grand nombre. Estaires avait son "petit Bulletin " avant nos malheurs. N'est-il pas nécessaire aujourd'hui?.

Quel sera son rôle ? Rappeler à nos familles dispersées le souvenir du passé et entretenir en elles la confiance en un avenir meilleur ; faire connaître aussi les événements heureux ou malheureux survenus dans nos familles et servir ainsi de trait d'union entre tous.

Il sera la voix de la petite Patrie qui, même pendant notre douloureux exil, arrivera à l'oreille et au cœur de tous ses enfants.

Autant qu'aucune autre Paroisse , Estaires était une famille. On n'y rencontrait guère ces petites rivalités qui divisent et nuisent au charme des relations. Partout le Prêtre était accueilli comme un ami et un conseiller toujours écouté. Le Bulletin Paroissial sera la voix du Prêtre qui, non plus chaque jour, comme pendant les premières années de guerre, mais, de temps en temps, fera entendre aux brebis dispersées de son troupeau, une parole de paix et d'encouragement.

Le Bulletin Paroissial paraîtra autant que possible tous les mois. Nous espérons qu'il ne sera pas longtemps Il sera envoyé à toutes les familles de la Paroisse dont l'adresse nous sera connue.

Va donc , petit bulletin, va du fond de la France, va de cette ville de Lourdes, cité de la Vierge, porter à tous le salut et la bénédiction du Prêtre qui, tous les jours, demande à Marie Immaculée de veiller sur nos familles dispersées, de leur donner courage et confiance en attendant la fin de l'exil.

 

Le dernier mois

N'est-il pas juste que nous jetions un coup d'œil sur les dernières semaines de notre séjour à Estaires, pour en fixer les dates tristement mémorables et rappeler le souvenir des trop nombreuses victimes de ces sombres journées?

Le mercredi 13 mars 1918 marque le commencement de nos grandes épreuves. Le bombardement qui commença à 8h 1/2 du matin fut le plus meurtrier de ceux qui précédèrent notre départ. La censure ne nous permettrait pas de signaler les deux principaux points de chute des engins destructeurs. Un seul obus fit huit victimes : Mme DELANGUE et ses petits enfants Augusta et Emmanuel VERMUSE ; Germaine et Maurice CAPELLE et Maurice DEPUYDT. Dans un autre quartier, Mme DELEURENCE et une petite fille réfugiée furent mortellement blessées.
 La Ville leur fit de dignes funérailles. Le samedi 16 mars, M. le curé à l'Église, M. le Maire au Cimetière, se firent les échos de la douleur de tous et adressèrent aux familles éprouvées des paroles de haute et chrétienne sympathie.

Le mardi 19 mars, vers 3h 1/2 du soir, nouveau bombardement. des obus de gros calibre, éclatant à une certaine hauteur répandirent sur tous les quartiers de la ville des éclats énormes qui occasionnèrent d'importants dégâts matériels. Un honnête père d'une nombreuse famille M. L. Mackré fut mortellement blessé.

Le bombardement recommença le vendredi suivant 22 mars vers 7h 1/2 du soir. De nombreuses maisons furent gravement endommagées et c'est le lendemain matin seulement qu'on connut les noms des trois victimes : Mme Eugène LELEU, Mme Paul MOUQUE et Mme COUVREUR-HAMELIN.

La nuit du lundi au mardi de Pâques - du 1er au 2 avril - fut sinistre mais ne fit aucune victime. De grand matin, nous pûmes constater les dégâts faits en ville : Notre Église aussi avait été frappée, mais ses blessures étaient relativement légères et, dès huit heures du matin, toute trace du bombardement eût disparu s'il n'était resté la marque du passage d'un obus à la chapelle du Sacré-Cœur et si les vitraux du Chœur n'avaient été brisés en mille endroits.

Peut-être ces bombardement répétés auraient-ils dû nous faire comprendre que le danger devenait plus pressant et qu'il était temps de s'éloigner. Nous en avions bien quelque pressentiment, et aux familles qui jugeaient à propos de quitter momentanément leur maison, nous ne donnions que des paroles d'approbation et d'encouragement.
Mais comment conseiller à nos cultivateurs de quitter leur ferme et leurs champs soigneusement ensemencés et si riches d'espérances ? Du reste, la campagne n'avait subi aucun bombardement, et les habitants de la ville se croyaient à l'abri, eux et leurs biens, une fois retirés " au village". 

La journée du lundi 8 avril avait été très calme ; chacun était à ses occupations ordinaires. Les tissages s'étaient remis en marche et les familles qui avaient cherché un refuge à la campagne ou dans les villages environnants commençaient à rentrer en ville : il est si pénible d'être en dehors de chez soi !

 

Le dernier jour : 9 avril 1918  

Dès 4 heures du matin, commence un bombardement qui ne ressemble en rien à ceux que nous avions connus jusque là. C'est une grêle d'obus qui, sans un instant d'arrêt, tombent sur les divers quartiers de la ville. Des maisons sont écrasées et ceux qui étaient restés doivent fuir, à peine vêtus et sans rien emporter. Beaucoup de personnes se réfugient dans les caves dans l'espoir que le bombardement prendra fin bientôt.

Mais les obus continuent à tomber ; les maisons s'écroulent; les caves n'offrent plus un abri assez sûr et la plupart s'enfuient à travers les rues désertes, en longeant les murailles encore debout, escaladant les monceaux de décombres, contournant les trous d'obus...
Les derniers quitteront la ville le mercredi 10 avril vers 3 heures du matin, après avoir subi un bombardement ininterrompu durant 35 heures.
Peu de temps après, les soldats allemands entraient en ville. Que sont devenues les personnes surprises par l'occupation ennemie ?

Nous savons que plusieurs ont été évacuées vers Lille et ont pu donner de leurs nouvelles. Des autres, nous ne savons rien encore.

* * *

Les habitants de la campagne, n'avaient pas soupçonné, dès le début, l'imminence du danger ; mais, peu à peu, l'ennemi étendit et allongea son tir, et le soir de cette triste journée du 9 avril, presque toutes les fermes durent être abandonnées.

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Et ce fut un lamentable spectacle de voir cette foule qui fuyait en désordre le long des routes et à travers les champs. Tous les rangs de la société étaient confondus : des vieillards et des petits enfants des mères veillant sur leur nombreuse famille pour empêcher que quelqu'un s'égare...
Tout ce monde marchait en rangs serrés, tandis que les obus tombant à droite et à gauche semblaient suivre la colonne.
Et l'on vit, à certains moments, les avions ennemis descendre à faible hauteur et, par un raffinement de cruauté, mitrailler cette foule sans défense...
La guerre a-t-elle présenté ailleurs plus lugubre tableau ? 

* * *

Puis ce fut le groupement dans les gares de concentration .... le voyage pendant de longues journées dans des wagons à bestiaux .... le débarquement de nos malheureux concitoyens aux quatre coins de la France ....

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Tandis que la plupart de nos fermiers conduisaient tristement sur un chariot leur famille et le peu de linge et de vêtements qu'ils avaient pu sauver. Où allaient-ils ?  Ils marchaient devant eux,  fuyant tout ce qu'ils avaient espéré ne quitter jamais. Plusieurs marchèrent ainsi, étape  par étape, jusqu'en Normandie !

 

Et aujourd'hui !

Aujourd'hui, nos familles sont dispersées sur tous les chemins de l'exil; toutes ont souffert dans leurs biens, dans leurs relations: aucune n'est découragée cependant. Deux sentiments sont exprimés dans les lettres nombreuses que nous avons reçues : l'Attachement au pays, à la chère Cité, à la belle Église qu'il a fallu quitter, et le désir de les revoir bientôt et de travailler à leur restauration. "Nous travaillons avec courage, là où les événements nous ont conduits, nous écrit-on, mais dès qu'arriveront des jours meilleurs, nous rentrerons à Estaires. Nous voulons faire notre part dans l'œuvre de la résurrection de notre pays, et y terminer notre carrière."

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En atten²dant l'heure du retour, le "Bulletin paroissial" entretiendra dans les cœurs la flamme sacrée de l'amour du clocher, et il sera le lien entre toutes les familles, qui plus que jamais désirent rester étroitement unies.

Petits renseignements

LE CLERGÉ. M. le chanoine Catteau, curé d'Estaires, est à l'hôtel d'Italie, Lourdes, Hautes-Pyrénées.
A l'hôtel d'Italie, sont réunis l'hospice, l'orphelinat et l'Ouvroir sous la direction des Filles de la Charité.
M. l'abbé Suel est provisoirement curé de Port-Morl (Eure).
M. l'abbé Deladoeuille est vicaire de St-Michel au Havre (Seine-Inférieure)
M. l'abbé Dumont est vicaire d'Arques (Pas-de-Calais)
M. A. Petitprez est caporal infirmier, 8ème Territorial, 2ème Bataillon, secteur 122.
M. G. Iserby est caporal infirmier, Hôpital Temporaire, Gravelines (Nord)

La MAIRIE d'ESTAIRES est transportée à Chartres (Eure-et-Loir)
M. Auguste Watine, faisant fonction de Maire, habite Chartres, 11 rue du Pélican.

La RECETTE MUNICIPALE. Le receveur Municipal et Percepteur habite Nouvelle Place à Cassel ( Nord)

La CAISSE d'ÉPARGNE. M. Gerlein, Secrétaire de la Caisse d'Épargne, habite 57, rue Franklin à Lyon (Rhône)

Le BUREAU de BIENFAISANCE. Pour toute demande de secours, les inscrits doivent s'adresser à la Mairie d'Estaires, Transférée à Chartres.

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Le Collège du SACRE-CŒUR est installé à St-Paul (Orne), à 5 km de la gare de Flers où sont réfugiées un bon nombre de familles d'Estaires et de La Gorgue. Le Collège s'est rapidement organisé sous l'habile direction de M. l'Abbé Loridan : il compte aujourd'hui environ 50 pensionnaires. La plupart des élèves appartiennent aux familles de notre région. Tous les professeurs étaient précédemment au Collège d'Estaires. C'est donc bien notre vieux Collège, fidèle à ses traditions de piété, de travail et de simplicité, transporté momentanément dans un coin charmant de la Normandie.

Nous savons que la population de St-Paul a fait un excellent accueil au Collège. Nous lui en sommes reconnaissants. Que le Sacré-Cœur protège, pendant son exil, cette chère Maison et que là-bas se préparent les jeunes ouvriers des prochaines reconstructions !

Le Collège n'ayant pas pu fonctionner pendant les mois d'Avril et de mai, les classes continuent jusqu'au 29 août. La cérémonie de la Communion Solennelle des élèves aura lieu le mardi 27 août.

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Pensionnat NOTRE DAME de LOURDES. Madame la Directrice a passé ces derniers mois à Louviers (Eure)

Elle vient d'accepter de devenir Maîtresse de 1ère classe au Pensionnat Jeanne d'Arc à St-Lo (Manche). C'est là qu'elle attendra l'heure de retour.

Peut-être des familles de la paroisse, réfugiées dans cette région, auront-elles la pensée de confier leurs filles à l'Institution Jeanne d'Arc de St-Lo. Nous serions heureux de l'apprendre. Ces enfants retrouveraient en Madame Duprey une éducatrice de premier ordre, dont le dévouement avait assuré la prospérité de notre Pensionnat N.D. de lourdes.

École St-LOUIS. M. Bogaert dirigera provisoirement l'École libre de Louverné (Mayenne).

 

Quelques adresses souvent demandées

M. Piat, notaire, est à Saumur (Maine et Loire), 2, rue Waldeck Rousseau.
M. Dhalluin, notaire, à Bernay (Eure), 1, rue Jacques Dubiet.
M. le Docteur Delbecq, à Bédarieux (Hérault), rue des Bains.
M. le Docteur Delporte, à Rennes (Ille et Vilaine), 4, rue Montfort.
M. Denunck, fondé de pouvoir de la Banque Verley, Decroix et Cie , à Brive (Corrèze), rue Carnot.
M. Antoine Nicaise, Président da la Société de Secours mutuels de St-Vincent de Paul à Fruges (P-de C), rue de la gare
M. Jules Guéquière, Président de la Société des anciens Militaires, à Bichon-Lournont (Gironde), 3, Quai Chaigneau.

 

Nos voisins en exil

Les familles seront heureuses de connaître l'adresse des personnalités importantes des paroisse voisines :

Merville. M. le Chanoine Lecoeuche, doyen, est à St-Gatien-des-Bois (Calvados).
M. B. Degruson, maire, à Pau (Basses Pyrénées), 1, rue Gambetta.

La Ventie. M. le Chanoine Déjardin, doyen est à Wimereux (Pas-de Calais),
M. L. Dumont,  maire, à Berck-Plage (Pas-de Calais), Chalet des Oiseaux

La Gorgue M. le Chanoine Ruyssen, ancien curé, est à Chambéry (Savoie), 165, Faubourg Maché.
M. l'Abbé Maes, Curé de St-Pierre, est à Lourdes, aumônier du Bon Pasteur.
M. l'Abbé Verschaute, curé du Sacré-Cœur, est vicaire de Terre-Noire (Loire).
M. Charles Gailly, maire, à Les lacs sur Boulogne (Vendée)

Doulieu. M. l'Abbé Delpierre, curé, est Recteur d'Aucaleuc, par Dinan (Côtes du Nord).
M. l'Abbé Crincket, vicaire, est infirmier militaire à Abbeville (Somme).

Neuf-Berquin. M. l'Abbé Vaillant, curé, est curé de Hollot-en-Auge (Calvados).

Haverskerque. M; l'Abbé Castel, curé, est curé à Croissy sur Seine (Seine et Oise).

  

Petites Nouvelles

En quel état se trouve aujourd'hui notre chère ville d'Estaires ? 
Il est impossible de le savoir d'une manière certaine : mais gardons-nous des nouvelles pessimistes.

Voici quelques renseignements que nous croyons fondés 

L'église. Un sergent anglais de "l'Intelligence" affirme que le 19 avril dernier, l'église était debout.
D'après une photographie prise le 1er juin par des aviateurs anglais, il y aurait une brèche à la tour de l'église du côté de la Lys et des trous dans la voûte.

Le Collège, d'après cette même photographie, sert d'ambulance à l'ennemi. Il n'a donc pas trop souffert.

Le château d'eau. Un soldat cantonné au Mont des Cats, dans les premiers jours de juin, a vu, à l'aide d'une lunette, le château d'eau encore intact.

 

Morts au Champ d'Honneur

Georges Delaval, fils de M. et Mme Eugène Delaval-Deléglise, a été mortellement blessé le 14 mai dernier. Relevé sur le champ de bataille, il a été porté à l'ambulance où il n'a pas tardé à succomber. Il était le fils aîné d'une famille nombreuse et chrétienne. Membre de notre société de gymnastique "La Jeanne d'Arc", il était tout préparé à devenir un bon soldat. Au régiment, comme chez nous, il n'avait pas tardé à gagner l'affection de ses camarades et l'estime de ses chefs.

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L'Abbé Henri Depuydt, caporal dans un Régiment d'Infanterie, fut grièvement blessé le 4 juin, après s'être noblement comporté dans la défense d'un point qu'il était chargé de garder. Son lieutenant, les larmes dans les yeux, lui rendait ce témoignage :"Après ce qu'il a fait, Depuydt mérite la médaille militaire".
Se sentant gravement atteint, il remit à l'infirmier qui le pansait un paquet de fanions du Sacré-Cœur qu'il portait sur lui, le pria d'attacher un de ces insignes sur sa poitrine et de distribuer les autres à ses camarades.
Transporté à l'hôpital Necker, il fut assisté à ses derniers moments par sa tante, fille de la Charité, et accepta très chrétiennement son sacrifice

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Joseph Lefrancq est tombé glorieusement vers le 11 juin dernier. Sa mort, qui n'a pas été annoncée officiellement, n'est, hélas, que trop certaine : son frère Pierre a pu prier sur sa tombe. Nous ne connaissons rien des circonstances de cette mort; mais nous savons comment, pendant ces quatre années de guerre, il s'est montré toujours un jeune homme courageux et chrétien.
A chacune de ses permissions, c'était une édification de le voir s'approcher, presque chaque jour, de la Sainte Table, avec la piété et la simplicité d'un premier communiant.
Dès le premier jour de la mobilisation, les quatre fils de M. et Mme Charles Lefrancq avaient répondu à l'appel. Depuis lors, cette famille a été particulièrement éprouvée : le père et l'oncle, deux frères inséparables, se sont suivis de près dans la tombe. Louis n'a pas donné de ses nouvelles depuis le 24 août 1914. Et voici que nous devons enregistrer la mort de celui que tous appelaient "le bon Joseph.
A Mme Charles Lefrancq et aux siens, aux familles Depuydt et Delaval, nous présentons nos chrétiennes et bien sincères condoléances.

 

Nos prisonniers

M. l'Abbé Vandenbavière n'a pas donné de ses nouvelles depuis le 15 juin environ. Au cours d'une action assez vive, le groupe dont il faisait partie fut encerclé par l'ennemi. Un camarade échappé à la vigilance des Allemands affirme qu'à ce moment il était sans blessures. Nous avons donc tout espoir qu'il est prisonnier et bien portant.

Vers la même date et dans des conditions identiques a disparu Fortuné Roussel.

Nous sommes heureux d'annoncer que M. Ernest Bonduel, avocat à Lille, enlevé comme otage au commencement de cette année, est en bonne santé et sera sans doute prochainement rapatrié.

Madame Catteau, de Tourcoing, belle-sœur de M. le Curé, prise également comme otage, le 12 janvier 1918, vient de rentrer en France, après 6 mois de captivité au camp de Holzminden.

 

Nos défunts

Nous recommandons aux prières de tous :

Sœur Marie, fille de la Charité décédée à St Omer
Aurélie Doublepaire, veuve Leleu, décédée à Lourdes.
Madame Charles Vieren, décédée à St Omer.
Madame Charles Meurillon, née Philomène Bogaert?
Joseph Lempire, décédé à Hesdin.
Thérèse-Jeanne Faviez, décédée à Rouen.
Félicie Roussel, décédée à Lourdes.
M. Alexandre Honnart, décédé à Coye (Oise).le 21 juillet 1918.

Miséricordieux Jésus, accordez-leur le repos éternel.

 

Avis divers

 I - Que l'on veuille bien envoyer à Lourdes, Hôtel d'Italie, l'adresse des familles de la paroisse qui n'auraient pas reçu le bulletin.

 II - Prière aussi de nous faire connaître les nouvelles qui peuvent intéresser nos familles dispersées.

 III - Prière enfin aux personnes qui le peuvent, de contribuer aux frais d'impression du "Bulletin paroissial" en nous envoyant leur offrande

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Le gérant : CATTEAU
Lourdes. - Imp. L. CARRET

 

Les Cardinaux français, en conviant tous les fidèles à des prières nationales pour le 4 août dernier, écrivaient :

"Nos généreux amis d'Amérique viennent de décider que, chaque jour à midi, au sign,al donné, tout travail sera suspendu pendant une minute, et, qu'à ce moment, de tous les cœurs, montera vers Dieu une prière pour le pays, pour les Alliés, pour ceux qui combattent.

Les catholiques de France auront à cœur de ne le céder à personne pour l'unanimité et la ferveur de leurs supplications."

Les familles de la paroisse ne répondraient-elles pas toutes à cet appel ?

A l'Hôtel d'Italie, depuis le 15 juillet, chaque jour, avant le repas de midi, on se recueille un instant, et tous, debout ou à genoux, récitent les prières suivantes ; un Pater, un Ave et les invocations "Cœur Sacré de Jésus, j'ai confiance en vous ; Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous" et pour les soldats français et alliés tombés au poste du devoir : "Miséricordieux Jésus, accordez-leur le repos éternel" (trois fois).

 

Encore quelques adresses

M.J. Plichon, député, habite Paris, 250bis Boulevard St Germain

M.P. Watine-Taffin, Président du conseil de paroisse et de la Conférence St Vincent-de-Paul, réside à St Malo (Ille et Vilaine), avenue Pasteur, Villa "le Rouet".
M. Debourrez, maire de Violaines, réfugié à Estaires pendant plus de trois ans, habite 24, boulevard Ste Beuve à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).
M. l'abbé Trébaol, longtemps interprète du Town-Major à Estaires, est resté dans le Nord. Voici son adresse : Interprète J.M. Trébaol, Area Commandant's office, Renescure (Nord) B.E.F.
M. l'abbé Wallaert, curé se Steenwerck, réfugié d'abord à Mézières-sur-Issoire, vient d'être nommé auxiliaire de M. l'Archiprêtre de N.Dame à Bellac (Hte Vienne).

  

Décoration

Nous sommes heureux d'annoncer que M. le Capitaine Jules Fénart, notre sympathique compatriote, vient d'être nommé Chevalier de la Légion d'Honneur. Le 11 août dernier, le Général Falque, gouverneur de Boulogne, luis remettait solennellement, sur la place Mariette, les insignes de cette haute distinction.
A Monsieur le Capitaine Fénart et à sa famille, nos bien sincères félicitations.

Mort au Champ d'Honneur

Gaston Rogiez, fils de M. et Mme Émile Rogiez, est tombé glorieusement, le 25 avril dernier, à la bataille de Kemmel, en accomplissant, sous une grêle d'obus,son service de brancardier. Il laisse une jeune veuve et un petit garçon qui a été baptisé en l'église d'Estaires, le 20 septembre 1917.
Nous prions sa famille d'agréer nos chrétiennes condoléances

Nos prisonniers

M. l'abbé Vandenbavière, dont nous avons annoncé la disparition, est prisonnier au Camp d'officiers de Weilburg. Il est en bonne santé et a reçu un accueil fraternel de la part de ses camarades de captivité. 
Louis Pétillon, fils de M. Émile Pétillon vient d'être interné en Suisse.
Pierre Rogiez, frère de Gaston, n'a pas donné de ses nouvelles depuis le 15 juillet. On a tout lieu d'espérer qu'il est prisonnier, sain et sauf.

Familles restées en pays occupé

Nous avons des nouvelles de plusieurs personnes surprises par l'invasion :

M. Pierre Cocq, arrêté à Vieux-Berquin, légèrement blessé, dans une cave où il s'était abrité, est arrivé le 27 avril au Camp d'Altdamm (Poméranie).
Melle Marie-Louise Leroux, institutrice au pensionnat N.D. de Lourdes et Melle Marie Buisine, de la rue de l'Hospice, sont à Lille.
La famille Delvallée, de la rue du Collège, a pu faire savoir qu'elle  était en bonne santé.
Les trois sœurs Follet et leur nièce, de la rue de Lille, Mme Albert Cokelaer et Mme Benouw sont près de Leuze, en Belgique.
M. Jean Bouillez, maire de Merville, sa mère et sa sœur sont à Lille.
M. l'abbé Loridan, vicaire de Steenwerck est nommé vicaire à Roubaix, St-Antoine.
L'abbé J. Lebleu, son père et sa sœur sont en Belgique.

Nos défunts

Nous recommandons aux prières :
Mme Dufour-Carpentier, décédée à Châteauroux, le 15 avril, âgée de 84 ans.
Clémence Bailleul, femme Dupont, décédée à Rouen, le 15 avril.
Marthe Gabelle, décédée à Lourdes le 19 août 1918, à 38 ans.
Miséricordieux Jésus, accordez leur le repos éternel.

Naissances

Nous sommes heureux d'annoncer la naissance de  :
Michel Marchault, fils de M. et Mme Marchault-Lefebvre, né à Lyndes, le 8 mai 1918.
Marie-Louise Duval, fille de M. et Mme Georges Duval, née à Avranches, le 8 juin 1918.
Marie Louise Bourel, fille de M. et Mme Émile Bourel-Chavatte, née à St-Florent le Viel, le 20 juillet 1918

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Le gérant : CATTEAU
Lourdes. - Imp. L. CARRET