Draperie. |
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Les Morins tissaient et coloraient des étoffes. Strabon, Diodore de Sicile et Pline font mention des tissus de Morinie. Les tissus morins recherchés de l’Angleterre étaient appréciés aussi des Romains.« Les Morins coloraient leurs étoffes et y figuraient des dessins variés.» (De Smytter. – Top. de Cassel, p. 209). Au Moyen Age, surtout au XIIIe siècle, la Flandre était fameuse par ses drapiers. |
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« Le Flamand, dit Le Glay (Comtes de Flandre), est par-dessus tout attaché à ses foyers, à la cité, à la patrie. Le sentiment national semble s’être fortifié chez lui en raison directe des efforts que l’on a faits pour le priver de sa nationalité. Nulle part on n’a soutenu de luttes plus acharnées dans l’intérêt de ce grand principe. Actes d’héroïsme, actes de férocité s’expliquent également à l’aide de ce patriotisme toujours ardent, souvent aveugle et déréglé. A cet amour du sol et de l’indépendance se rattache tout naturellement l’amour du lucre, autre qualité vivace, tenace, permanente du peuple flamand. Tout en faisant les affaires du pays on entend bien aussi faire ses propres affaires.... Les laines anglaises, cette matière première de la première industrie flamande, ont fait répandre plus de sang que les questions purement politiques et sociales....» Que de nobles qualités pour repousser quelques ombres ! Quelle valeur militaire depuis la prise de Constantinople jusqu’à la Bataille des Éperons !... Intègre dans ses transactions, affable et hospitalier malgré sa froideur native, charitable et libéral nonobstant son désir d’accumuler, le Flamand n'épargne rien, ni son sang, ni sa fortune, lorsqu’il s’agit d’accroître le bien-être de son pays, ou d’exhausser sa gloire et sa puissance. Chez lui, partout et toujours, le patriote efface le marchand." Bientôt les grandes villes s’arrogèrent le monopole de la fabrication et vente, et le petit commerce fut presque anéanti dans les villages environnants. En 1378, Yolande de Flandre autorisait dans l’ambact et le métier de Cassel la vente de draps blancs et de couleurs de 24 aunes de long sur 7 1/2 de large. Philippe le Bon, en 1427, à la requête d’Ypres, une des trois villes les plus considérables de Flandre, défendait de fouler ou tisser aucune espèce de draps dans les villages situés dans les châtellenies d’Ypres, Cassel, Bailleul, Warneton et aux environs de Comines et d’Estaires, permettant seulement à chaque endroit quelques métiers. Ainsi à Nord-Berquin et à Zuit-Berquin était toléré « une hostille et ung tronc; on n’y pouvait fabriquer que des draps de douken à une lisière d’un pouce sur un côte, et des pièces de 12 aunes de 7 quartiers l’aune d’Ypres. » Estaires était donc avantagée, libre de fabriquer toutes sortes de tissus : en laines d’Angleterre ou d’Écosse, etc..., de toutes couleurs et dimensions... Avant 1474 où le feu dévora toute la ville, Estaires comptait près de 900 métiers. Charles-Quint, en 1515, en son conseil de Bruxelles, autorise le rétablissement de l’industrie drapière à Estaires. On sait que les coutumes d’Estaires autorisaient le magistrat à dresser des ordonnances spéciales aux drapiers. Les archives communales conservent le texte d’un acte de ce genre daté de 1528 :
Et une amende de 10 livres (?) punissait le contrevenant, sauf qu’il aurait été autorisé. Bref, cette charte du XVIe siècle est d’une écriture qui défie, nous l’avouons, notre parfaitement pauvre science paléo-graphique ; aussi, renonçons tout bonnement à rapporter ses trente et un item, autant d’articles différents qui fourniraient cependant des renseignements assez précieux pour les conditions faites par la ville à ses drapiers, les espèces de drap fabriqués à Estaires, etc. On lit dans l’Hist. de Béthune (Cornet, 1892) :
En janvier 1559, le bourguemestre de Bruges atteste la loyauté des drapiers d’Estaires dans leurs relations commerciales avec les Espagnols. Ces trois derniers documents nous ont été gracieusement prêtés par l’archiviste d’Estaires. Nous lui en sommes obligé, quoique notre insuffisance à les déchiffrer nous empêche d'en tirer meilleur parti. Nous signalons seulement aux amateurs ces pièces, si intéressantes d’ailleurs, comme des chefs-d'œuvre d’écriture illisible. Quoi qu’il en soit, nous voilà suffisamment édifiés sur l’antiquité du tissage Estairois. Les fabriquants de toile d’aujourd’hui ont eu des ancêtres et ne font que se conserver dignes de leurs prédécesseurs. En ces temps-là, les blanchisseurs connaissaient-ils le jeu des cuves, du seau, de la joute sur l’eau, et le refrain de leur fête : « A la Ste-Marthe, Marthe, Marie-Marthe...? » Tout de blanc habillés, bonnet de coton enrubanné, assis sur une charrette, armés d’une perche, ils s’efforcent d’enfiler le trou d’une planche sous une cuve d’eau qui renverse son contenu sur eux pour leur complet rafraîchissement, en attendant les autres, intimes, et plus substantiels. |
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